Dimanche 12 juillet 2009 7 12 /07 /Juil /2009 11:11

 

Quatrième extrait issu de l’ouvrage en chantier qui fait l’objet de ce blog...

   

Reprenons l’allégorie maritime de la France et sa « navigation » collective...

Ses crises politiques montrent une logique évolutive qui permet d’imager ce pays sophistiqué comme un grand et fier navire armé d’un équipage socioculturel contrasté. Paquebot France voguant sur les mers de l’Histoire et dont les générations d’équipages héritent d’un mauvais vin d’ivresse révolutionnaire tel un calice résiduel. Or, cette mer, sur laquelle cette France navigue, doit être vue comme une substance complexe (océan) dans laquelle s’expriment les interactions entre les individus et la structure collective. Si l’étymologie grecque du terme « politique » (politikos) est « l’organisation de la cité », cette dernière s’applique à son « liquide » sociologique constitué par la masse de ses habitants. Dans ce cas, pourquoi la compréhension de ce qui compose ce liquide ne se serait-elle pas le pivot des politiques ? Si la matière essentielle des sociétés est la réalité humaine, pourquoi ses aspérités et complexités naturelles ou accidentelles ne seraient-elles pas à la base de ses réflexions et débats ? Pour qu’elle raison les éléments complexes et instables qui influent notre existence individuelle et collective ne sont-elles pas suffisamment prises en considération dans les projets sociaux et économiques ? Pourquoi les idéologies de droite et de gauche font-elles encore de nos jours comme si les composantes complexes qui nous animent, qui font nos grandeurs et nos bassesses étaient attribuées de façon arbitraire en fonction d’un statut social ou éducatif ? Pour être plus direct, et sachant que ces attributions partisanes hypocrites se font dans les deux sens des « classes », pourquoi attribuent-on des critères de valeurs ou de légitimité aux gens en fonction de leur situation sociale avec les à priori et les hypocrisies que l’on sait ?...

Certes, les siècles d’évolution ont édulcoré les conflits, mais pourquoi faire semblant d’ignorer la théâtralité politicienne de ce vestige idéologique insidieux qui se fait plaisir à « classer » les gens dans les méchants et les gentils, les vertueux et les corrompus, les bienfaiteurs et les nuisibles, les « justes » et les « injustes », à coup de simplismes à bons comptes, de phrases assassines futiles, de démolitions systématiques ; vestige idéologique qui occulte ce qui anime les comportements des uns et des autres avec une duplicité inhérente à notre nature de forces et de faiblesses. Une vision de « classe » à double sens qui discrimine et nie la possibilité pour un individu de dépasser les attributs supposés de son statut (attributs supposés du faible ou du pauvre, attributs supposés du fort ou du riche), de construire sa singularité individuelle et d’animer la société de sa richesse et de ses différences. Quels parcours intellectuels ou humanistes faudra-t-il à nos sociétés pour admettre que le fait social - malheurs et bonheurs, réussites et échecs, émancipations et frustrations, apaisement et violences, malfaisance et bienfaisance - est intrinsèquement lié à la multitude des éléments qui font notre développement ou notre fragilité psychique, affective, intellectuelle et physiologique. Comment ne pas s’apercevoir qu’une sorte de métaphysique du « Vivant » détermine en partie nos destins individuels et influence toutes les interactions collectives ? Combien de leçon historique faudra-t-il pour admettre que sous notre volonté consciente, une nature profonde à tout ce qui vie dans ce monde détermine en partie nos relations aux autres ? Non pas comme des forces étranges et surnaturelles attribuées par on ne saurait quel esprit divin, mais comme un principe qui régit toutes substances biologiques associées à la Vie. Une « nature » qui, à ce stade de l’évolution laisse une marge de manœuvre à notre volonté cognitive tout en dictant une part de notre existence, de nos relations sociales et devrait donc être épargnée des spéculations idéologiques hypocrites.

 

Merci pour vos commentaires... Brice Maryot.

 

Par Brice Maryot
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